Société

mardi, 12 mai 2015 10:28

INAUGURATION DU MÉMORIAL ACTE - Victorin Lurel et François Hollande : ce qu'ils ont dit...

Le Centre caribéen d'expression et de mémoire de la traite négrière et de l'esclavage, plus communément appelé Mémorial ACTe, a été inauguré, le 10 mai dernier, lors de la Journée nationale des mémoires et de réflexion sur la traite, l'esclavage et leurs abolitions. Cela, en présence de près d'un millier d'invités et des dizaines de médias des quatre coins du monde. Et pour cause, pas moins de 43 délégations étrangères étaient sur place, dont deux chefs d'Etat et un ministre africains ; de nombreux représentants de la Caraïbe (dont le président de la République d’Haïti) ; sans oublier des représentants d'Amérique du Sud ; des départements, régions et collectivités français ; la Secrétaire générale de l’organisation internationale de la francophonie ; des membres du gouvernement français ; des représentants de l'union européenne ; et autres groupes représentatifs et personnalités diverses locales et nationales...

Evidemment, et comme annoncé, le président de la République française, François Hollande, était sur place dans le cadre d'une tournée dans les Antilles, pour se retrouver aux côtés de ses amis Jacques Bangou, le maire de Pointe-à-Pitre et Victorin Lurel, le président du conseil régional de la Guadeloupe.

On retiendra quelques extraits des allocutions des deux derniers nommés. Pour commencer, Victorin Lurel :
« Nous ne pouvions inaugurer le centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage sans la présence des représentants des pays de la Caraïbe... Je vous reçois, mes frères d’ici et d’ailleurs, d’Afrique, d’Europe et des Caraïbes, avec le bonheur de pouvoir vous assurer que si l’histoire et les circonstances nous ont fait tantôt contraires, elles nous instruisent surtout des liens qu’elles peuvent créer en dénouant ceux qui entravent, et des valeurs de tolérance et de fraternité à cultiver dans le rassemblement des mémoires.... Que de chemins parcourus depuis 2004 pour qu’enfin le Mémorial ACTe voit enfin le jour : chemin parsemé d’embuches, marathon administratif, juridique et financier, débats et controverses utiles pour certains, stériles et affligeants pour d’autres.... En érigeant ce temple, il ne s’agit point pour nous de convoquer, comme l’appréhendait Paul Ricoeur, le devoir de mémoire dans le dessein de court- circuiter le travail critique de l’historien et d’instrumentaliser la recherche. Le MACTe sera un haut lieu d’expressions artistiques et culturelles ouvert aux cris et aux chants du monde contemporain, poreux à tous les vents de la liberté et de la dignité, tout autant qu’un espace dédié à l’enseignement et à la recherche, en lien permanent avec les universités.... Cet espace et ces lieux doivent rester libres et, tout faire pour se prémunir et s’immuniser contre tous les absolus métaphysiques, contre tous les virus du sectarisme et du subjectivisme fanatisés qui déclenchent tant de brasiers de haine... »

Puis François Hollande :
« J’ai repris à mon compte, il y a déjà longtemps les mots d’Aimé Césaire quand à la nature irréparables du crime. Cependant, en lui donnant un nom et un statut par la loi de 2001, le Parlement français a accompli un acte de vérité, de courage et de justice. Première des réparations. En inscrivant dans les programmes scolaires à tous les niveaux d’enseignement, conformément à cette loi, réparation est faite de l’oubli et de l’occultation. Il reste à exploiter l’incommensurable legs de toutes les générations qui a permis que notre patrimoine, le patrimoine commun, le patrimoine de l’humanité puisse être élargi. Et le Mémorial ACTe lui donnera toute sa valeur... Il y a des endroits où la couleur de peau peut déterminer un statut, peut condamner à l’humiliation, à la servitude. Et cela ne touche pas que les pays pauvres. C’est vrai, hélas, dans trop d’endroits du monde... Nous n’avons pas terminé la bataille pour l’émancipation, pour la liberté, pour le progrès. Nous n’aurons jamais terminé. Nous avons ici la seule dette qui doit être réglée. C’est de pouvoir faire avancer l’humanité. C’est ce que ce mémorial nous rappelle... Merci à ce Mémorial de nous rappeler non pas nos droits mais nos devoirs essentiels pour la cause du monde. »

Pas moins de 43 délégations étrangères étaient sur place, le 10 mai dernier, sur l'ancien site de l'usine Darboussier, où se troupe implantée le Mémorial ACTe.

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