Société

lundi, 03 décembre 2018 01:23

Gilets jaunes : la mobilisation se réorganise à La Réunion

Annick Girardin a prononcé sa dernière allocution officielle vendredi mais a poursuivi le dialogue avec les Réunionnais, dimanche, en visioconférence. Annick Girardin a prononcé sa dernière allocution officielle vendredi mais a poursuivi le dialogue avec les Réunionnais, dimanche, en visioconférence.

Une nouvelle semaine commence, ce lundi, à La Réunion. Et elle devrait être bien différente des deux dernières avec le retour des enfants à l’école, le réapprovisionnement des commerces et surtout l’arrêt des barrages routiers. Cependant, des actions sont maintenues devant les établissements du service public : préfecture, conseil régional, mairies, centres des impôts, etc.

L’organisation « Tous unis pour La Réunion – Collectif des Gilets jaunes » — nouvelle appellation donnée au mouvement social spontané, qui a démarré depuis le 17 novembre 2018 — a décidé de lâcher du lest. Une manière sans doute de relâcher la pression qu’a subi la population réunionnaise, ces derniers jours, à la grande satisfaction des autorités. Cependant, les manifestants ont adopté une nouvelle méthode de mobilisation. Elle consiste à se poster devant les institutions. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion qui s’est tenue, dimanche.

UNE AUTRE FORME DE DIALOGUE
Il s’agissait de discuter de la suite à donner au mouvement immédiatement après la visioconférence qui a eu lieu avec la ministre des Outre-mer. Rentrée à Paris, ce week-end, elle a quand même poursuivi le dialogue avec les Réunions, malgré trois jours d’une visite intensive, au cours de laquelle, elle a  rencontré quelques élus, des groupes de manifestants mais aussi des victimes collatérales tels que les agriculteurs. Ainsi, de manière plus ordonnée, que lors des précédentes rencontres avec Annick Girardin, les Gilets jaunes ont pu exprimer leurs doléances. Celles-ci avaient été préparées à partir des consultations réalisées avec les différentes délégations de manifestants.

UN RETOUR AU CALME RELATIF
C’est donc un retour au calme relatif qui prévaut dans l’île. Cette tournure des événements a donc encouragé la ministre à quitter le territoire, même si ses annonces n’ont laissé qu’un sentiment d’insatisfaction chez les manifestants. Ces derniers resteront d’ailleurs mobilisés devant les institutions sans préciser les horaires de leurs actions. Il est également difficile de savoir si cette forme de mobilisation aura le même impact populaire que celles qui ont été développées depuis deux semaines, parfois avec des incidents assimilés à des violences urbaines.

DES MESURES INSATISFAISANTES
Ces conditions peuvent, en tout cas, paraître plus sereines pour poursuivre le dialogue, puisque la ministre peut davantage se concentrer sur les revendications des manifestants, tandis que ces derniers devraient pouvoir analyser plus tranquillement les différentes propositions. Jusqu’à présent, ils ont accueilli avec circonspection celles faites par la ministre : une enveloppe de 1,5 million d’euros débloquée pour les associations en 2019 ; un plan d’économie sociale et solidaire ; le doublement du  nombre de micro-crédits… Sur la question de la vie chère les mesures ne sont pas de nature à faire sauter au plafond les Réunionnais, puisqu’elles ne semblent pas en mesure d’influer de manière formelle sur les choix de ceux qui fixent les prix de leurs produits. Insatisfaction donc. D’où le maintien de la mobilisation. 

ANNICK GIRARDIN FACE AUX SÉNATEURS
Pour sa part, Annick Girardin sera dès ce lundi au Sénat pour défendre l’intégration des mesures annoncées dans le budget des Outre-mer.  Certaines sont à mettre en place dès ce mois de décembre. Il s’agit notamment de lancer une conférence pour le logement et de pourvoir 1 900 contrats aidés comprenant les 1 000 nouveaux annoncés (500 pour les associations et 500 pour les entreprises) et les 900 autres pas encore pourvus. D’autres seront appliqués dans le courant du premier trimestre 2019. Retenons la publication du « compteur emploi », pour la transparence sur les emplois créés ; la création d’un conseil consultatif citoyen, composé de 50 Réunionnais tirés au sort ; ou encore la remise à plat de l’Octroi de mer, avec d’autres acteurs comme les Douanes, pour trouver le juste taux de la taxe.

DES ÉLUS LOCAUX CRITIQUÉS
Pendant ce temps, les élus locaux, pointés du doigt pour leur immobilisme, tentent d’exister. Samedi, les manifestants avaient pris en grippe le président de Région, Didier Robert, auteur d’une série de propositions. Dans un communiqué publié sur la page Facebook du collectif, ils reprochent au président de la collectivité régionale d’avoir plagié leurs revendications. L’élu avait notamment proposé le non-cumul des mandats (un homme, un mandat), la création d’un conseil consultatif citoyen, l’adoption d’une charte de transparence et d’efficacité des fonds publics ou encore la prise en charge des surcoûts dus au fret pour les produits et marchandises entre la métropole et La Réunion. L’avenir de La Réunion semble être à un tournant, qui sera pris, peut-être, sans une partie de ses élus actuels, tant la rupture avec la classe politique locale semble profonde.

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