Société

vendredi, 23 novembre 2018 13:49

Gilets jaunes : le couvre-feu renouvelé pendant 48 heures à La Réunion

Depuis sept jours, des Réunionnais participent activement au mouvement national des Gilets jaunes pour crier leur colère envers la situation sociale et fiscale de leur île. Cette vague populaire de contestation a provoqué des violences urbaines qui ont incité les autorités locales à instaurer, mardi, le couvre-feu pendant trois jours. Ce dispositif, qui n'a pas suffi à calmer complètement les manifestants, vient d'être renouvelé jusqu'à dimanche, par le préfet de la Réunion, Amaury de Saint-Quentin. Une semaine après le début de la mobilisation, difficile de trouver une porte de sortie à ce conflit. L’État n’entend pas céder à la rue. Pendant ce temps les ressources commencent à s’épuiser.

Face aux violences urbaines consécutives au mouvement social des Gilets jaunes, qui a débuté le samedi 17 novembre 2018, le préfet de La Réunion maintient l'île sous couvre-feu. Avec son arrêté restreignant la circulation des personnes et des véhicules entre 21 heures et 6 heures, dans 14 des 24 communes de La Réunion, il espère ainsi un retour au calme et surtout une reprise de l'activité économique. Cette perspective souhaitée par le représentant de l'État ne se fera pas sans une amorce de discussion. Or, pour l'heure, c'est le dialogue de sourds qui prévaut entre le gouvernement et les manifestants. 

Appel solennel du président de Région
Pourtant, les élus locaux n'ont pas manqué de tirer la sonnette d'alarme afin d'éviter que la crise ne s'installe durablement. Dans un courrier adressé à Emmanuel Macron, mercredi, Didier Robert, le président du conseil régional de la Réunion, a voulu « alerter sur la situation extrêmement grave et préoccupante à La Réunion après 5 jours de barrages consécutifs ». Cette situation, le président de la République la connaît très bien dans les faits, puisque lundi soir, sa ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé envoyer des renforts de gendarmerie depuis Mayotte pour assurer la sécurité des Réunionnais. Ces renforts continuent d'arriver. Ce n’est évidemment pas ce que la population attend. Didier Robert l’a bien expliqué dans sa lettre : « Il faut (…) de manière urgente entreprendre d’établir un dialogue avec les Réunionnais porteurs de revendications légitimes. » Et le patron des Républicains de La Réunion de conclure son intervention par  «  un appel solennel pour que l’État engage les mesures d’urgence incontournables (…) pour un développement économique et social mieux partagé et plus solidaire ». 

Préoccupation sécuritaire
De son côté le président de la République réagissait, le soir même, en annonçant par Twitter : « Ce qui se passe depuis samedi à La Réunion est grave. Nous avons mis les moyens et allons continuer à les mettre : nos militaires seront mobilisés dès demain pour rétablir l’ordre public. Nous serons intraitables car on ne peut pas accepter les scènes que nous avons vues. » Le préfet, en première ligne, est évidemment tout aussi préoccupé par l'aspect sécuritaire et le retour à un fonctionnement plus propice à un dialogue qu'il souhaite « dans le respect de chacun ». En attendant les écoles restent fermées tout comme l'aéroport, depuis 16 heures (13 heures à Paris). Cependant, la nuit de jeudi à vendredi a été plus calme que les précédentes. Les forces de l'ordre multiplient toutefois les interpellations. Une trentaine de personnes a déjà été déférée. 

Annick Girardin attendue
La venue annoncée d’Annick Girardin, dans les prochains jours, permettra peut-être l'instauration d'un dialogue sur le fond. Pour cela, les Gilets jaunes devront désigner des représentants pour s’asseoir autour de la table de négociation. L'enjeu pour le gouvernement, c'est que ce mouvement social n'atteigne pas l'ampleur de ceux que la Guadeloupe, en 2009, la Guyane, en 2017, ou Mayotte, en 2018, ont connu. Dans ces départements et, d'une manière générale, dans l'Outre-mer, le mouvement des Gilets jaunes reste confidentiel. Cependant, la perspective d'un regain de mobilisation, ce week-end, reste envisagée, à l'image de ce qui risque de se passer dans les villes de l'Hexagone.

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