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mercredi, 31 janvier 2018 18:46

Chlordécone : faire bouger les choses

« En hommage aux victimes passées, actuelles et futures de la chlordécone ». Voici le sous-texte de la pétition Je suis chlordéconé-e lancée le 13 janvier 2017 en Martinique par deux étudiants en agriculture afin d’alerter la population et les pouvoirs publics sur le danger que représente cet insecticide. Depuis les choses semblent bouger quelque peu.

 

40 ans plus tard le chlordécone est toujours là. Ce scandale sanitaire est revenu une fois de plus sur le devant de la scène médiatique le 15 décembre 2017. Date à laquelle, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES), publie un avis dans lequel elle annonce que les limites légales fixées pour le chlordécone sont suffisamment protectrices pour la population. « C’est cet avis qui nous a poussé à lancer la pétition. » annoncent de concert ces deux créateurs ». Ces deux habitants de la Martinique, étudiants en agriculture, se sont « interrogés sur le silence de la plupart des élus locaux face au scandale que représente le chlordécone. » Le 13 janvier, ils lancent la pétition Stop à l’empoisonnement des habitants de Martinique et de Guadeloupe sur le site Change.org.

« Notre objectif est que chaque habitant soit informé et se sente concerné par le problème du chlordécone. Nous souhaitons que notre pétition atteigne les 200 000 signatures pour l’adresser à Emmanuel Macron. L’objectif idéal ce serait 800 000 signatures représentant la totalité de la population guadeloupéenne et martiniquaise. Pour le moment nous en avons récolté environ 26 000. » Sur leur temps libre, les deux étudiants remuent ciel et terre pour donner de l’impact à leur message. « Pour le moment on est en contact avec des scientifiques au sujet du taux de LMR (Limites maximales applicables aux résidus) de chlordécone dans l’organisme des Antillais, notamment chez les enfants. Du côté des élus, nous avons eu madame Manin au téléphone et comme elle, nous n’avons pas été optimistes sur les solutions apportées par le gouvernement. »

La députée martiniquaise Josette Manin (tout comme la députée de la Guadeloupe Justine Bénin le lendemain) avait interpellé le 23 janvier, à l’Assemblée Nationale, la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur la lente agonie des Antillais causée par le chlordécone.

 

« La réponse ne nous convient pas car la ministre a repris le rapport de l’ANSES pour répondre à madame Manin. La seule chose qu’elle a rajoutée c’est que le gouvernement est sensible sur le sujet. Quant au plan de chlordécone 3 c’est encore trop flou mais au niveau règlementation, on ne peut pas se satisfaire des précédents plans. »

Les deux co-créateur de la pétition insistent sur l’aspect apolitique de leur démarche. « Nous sommes deux citoyens lambdas qui essayent de faire passer un message de santé publique. Car il faut former un réel front pour défendre notre santé. Cette pétition est l’expression de notre droit fondamental à manger sainement. » Il ne leur a pas fallu beaucoup de temps pour lancer également un appel aux élus locaux. Dans une lettre ouverte du 25 janvier, ils les exhortent à « s’engager auprès d’eux pour interpeler monsieur le Président de la République et réclamer auprès des ministères concernés des mesures immédiates. Nous ne pouvons pas croire (…) que vous ne vous sentiez pas, vous aussi, concernés par votre santé et celle de vos concitoyens. »

Par ailleurs, de son côté, l’ARS Martinique a interpellé la ministre de la santé dans une lettre ouverte écrite au vitriol, datant du 23 janvier. Le syndicat CDTM des employés de l’ARS explique que « depuis 2008 les personnels ont déployé des efforts importants pour élaborer et mettre en œuvre de actions susceptibles de réduire les risques. (…) Nous constatons que ces efforts sont réduits à néant du fait des décisions inadaptées. » Le syndicat dénonce également des pressions sur le personnel afin de limiter la diffusion de l’information publique au strict minimum.

Dernière action en date, une lettre du 28 janvier de Serge Letchimy à Stéphane Travert le ministre de l’Agriculture. Le député de la Martinique « demande la tenue d’une réunion avec tous les Parlementaires d’Outre-Mer, la relance du comité CROS-GREPHI et une contre-expertise du rapport de l’ANSES, la question du Chlordécone méritant la plus grande transparence. »

En parallèle de toutes ces initiatives, il faut également signaler le projet d’action en justice de Philippe Verdol, président de l’association « EnVie-santé » pour la modification des LMR de chlordécone. Mais il ne faut aussi pas oublier le livre Chronique d'un empoisonnement annoncé de Raphael Confiant et Louis Boutrin sortie en 2007 qui avait déjà alerté l'opinion publique.

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