Environnement

jeudi, 22 février 2018 14:36

Chlordécone : Les députés attendent les actes de la Ministre de la Santé

Agnès Buzyn lors de son audition à la commission aux Outre-mer Agnès Buzyn lors de son audition à la commission aux Outre-mer © Assemblée Nationale

Le 21 février 2018, la Ministre de la Santé Agnès Buzyn était auditionnée par la commission aux Outre-mer de l’Assemblée Nationale sur la problématique de la contamination au chlordécone. Les députés de la Guadeloupe, de la Martinique et même d’ailleurs ont eu la possibilité de questionner la ministre sur les mesures prises par le gouvernement en matière de lutte contre la contamination au chlordécone. À noter que les députés antillais sortaient, le matin, d'une réunion avec la Ministre de la Santé (réunion qui regroupait également la Ministre de l’Outre-mer et le Ministre de l’Agriculture).

Quasiment tous les députés présents en commission se sont dits heureux de la venue de la ministre. Cette dernière a présenté les actions du gouvernement et a d’emblée fait part de sa volonté d’être dans la plus grande transparence. Agnès Buzyn a tout d’abord annoncé « la prolongation de l’étude Timoun jusqu’à la puberté. » Elle a ensuite expliqué qu’il fallait améliorer les connaissances sur le lien entre Chlordécone et cancer de la prostate. Bien entendu, questionnée par Josette Manin sur l’étude Madiprostate, la ministre a répondu sur les causes de l’arrêt de cette étude, qui tout comme celle de Karuprostate en Guadeloupe, devait mettre en évidence la causalité entre l’utilisation du chlordécone et l’augmentation du taux de cancer sur le territoire martiniquais. Voici sa réponse :

Agnès Buzyn a également annoncé la mise en place d’une procédure de développement de jardins familiaux afin de cultiver des produits sur un sol non contaminé et surtout de pouvoir contrôler la production dite de circuit informel et ainsi proposer une agriculture sans chlordécone. Pour cela, il faut informer la population de la possibilité de contacter la Direction Générale de l'Alimentation (DGAL). Il incombe désormais à chaque individu de faire appel à cet organisme pour faire expertiser son terrain et ainsi être sûr de la non-contamination de son sol par le chlordécone.

Un grand colloque pour la rentrée

La nouvelle a semblé satisfaire les élus guadeloupéens, Justine Bénin et Max Mathiasin. L’organisation d’un grand colloque scientifique est prévue en octobre prochain afin de faire le point sur les données qui sont déjà en possession des scientifiques et ainsi pouvoir lancer, si besoin est, d’autres études financées par le gouvernement. Agnès Buzyn a également annoncé la mobilisation de « 3 alliances de recherche, afin qu’elles fassent la synthèse scientifique de toutes les connaissances acquises sur la chlordécone puis rendre public un rapport scientifique complet sur tout ce qui a été mené sur le territoire antillais. » La ministre a également souligné le fait que seule la France a mené des recherches poussées sur le chlordécone, alors qu’il est utilisé dans d’autres pays européens.

Interrogée par Serge Letchimy sur l’augmentation du seuil de tolérance de LMR (Limite Maximale de Résidus) mise en place par une directive européenne, Agnès Buzyn a répondu que cette directive européenne « n’a pas changé la façon dont l’Etat contrôle le taux de LMR dans les viandes notamment. » La problématique du chlordécone n’a pas intéressé que des députés de Guadeloupe et de Martinique, puisque le député alsacien Furst, a été sensibilisé il y a peu sur ce sujet et en était très étonné.

La réponse de la ministre s’est faite avec le même naturel que celle de Laurent Furst : Agnès Buzyn partage l’étonnement du député alsacien.

Jean-Philippe Nilor, député de la 4ème circonscription de la Martinique (sud de l’île) a été assez véhément avec la ministre de la Santé. Il regrette le discours inchangé des gouvernements successifs sur la gestion de la problématique de la chlordécone.

Le Vice-Président de la commission aux Outre-mer, en a profité aussi pour alerter la ministre sur une autre contamination possible sur le territoire martiniquais, l’Asulox. Par ailleurs, Jean-Philippe Nilor explique également que « le lien entre la contamination au chlordécone et le cancer de la prostate doit être établi de manière formelle. Il faut des études pour cela et il ne faut pas les approcher de manière passive, en disant « si des chercheurs veulent ». Il faut des appels à projet, passer à l’offensive ». A cette question du député Nilor, la ministre a répondu « qu’elle ne voulait pas faire de politique sur ce sujet et que l’administration de l’Etat ne peut pas écrire une étude scientifique. » Elle a renvoyé le député vers sa collègue la ministre de la recherche pour lancer un appel à projet.

À noter également, l’autre signal d’alerte lancé par le député de la 1ere circonscription de la Guyane, Gabriel Serville, au sujet de la contamination au plomb dû à l’orpaillage, qui toucherait de nombreux guyanais et notamment de nombreux enfants.

Le sentiment général de la commission aux Outre-mer pourrait se résumer dans ces propos que Justine Benin a adressés à la ministre.

 

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