Économie

mardi, 16 juin 2015 12:57

Désengagement de l’Europe dans les RUP

La Commission européenne vient d’annoncer son refus de cofinancer le prochain programme de promotion du logo RUP, porté par la banane européenne.

Ce programme (2015-2018) visait à faire la promotion du logo des Régions ultrapériphériques (RUP), à l’instar des trois programmes précédents (2005-2008, 2008-2011, 2011-2014), plus particulièrement des Canaries, de la Guadeloupe, de Madère et de la Martinique et avait pour ambition d’inclure de nouveaux produits issus de la diversification végétale en plus de la banane. Le budget proposé était de 10 millions d’euros pour un programme de 3 ans (répartis entre les quatre RUP), financé à 50 % par la Commission européenne.

Créé en 1991, le logo RUP permet de mieux faire connaître et de mieux identifier les productions de qualité ayant pour origine les RUP. Sa promotion, permettant d’identifier les productions comme étant européennes, restait essentielle aux yeux des acteurs. La décision qui vient d'être prise par la Commission européenne de refuser le cofinancement du dernier programme proposé, regroupant six produits (banane, melon, tomates, concombre, salade, miel de canne à sucre), cinq organisations (UGPBAN, IGUAFLHOR, ASPROCAN, GESBA, ACIF-CCIM), quatre RUP (Guadeloupe, Martinique, Madère, les Canaries) et trois Etats membres (France, Espagne et Portugal) serait irrecevable.

LE CARACTÈRE INSULAIRE NON PRIS EN COMPTE

Les raisons de ce refus sont-elles fondées ? La Commission évoque des raisons intrinsèquement liées aux caractéristiques spécifiques de l’agriculture des régions ultrapériphériques européennes et le nombre insuffisant d’actions communes dans le programme. La Commission n'aurait pas tenu compte du caractère insulaire des RUP, de la distance qui les sépare les unes des autres, du fait que certaines des productions concernées n’ont vocation à être vendues que sur leur marché local. Ce rejet du programme de promotion du logo RUP démontre aussi que l’état d’esprit de la Commission a changé. Cette aide européenne ne représenterait pourtant qu’un effort de la Commission d’1,8 millions d’euros, par an, sur 3 ans, qu’il convient de mettre en perspective avec le cadeau de 400 millions d’euros par an fait à la banane dollar.

Par conséquent, les producteurs des Antilles, des Canaries et de Madère constatent avec inquiétude un recul de la Commission dans sa volonté politique de mettre en œuvre l’article 349 (qui constitue le fondement juridique de la notion de région ultrapériphérique). Ils expriment ainsi les craintes les plus vives que ce recul soit annonciateur d’un recul plus général vis-à-vis de leur agriculture. Ce rejet du programme RUP est, selon eux, purement et simplement inadmissible.

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