Politique

mercredi, 02 janvier 2019 15:22

La Guadeloupe a signé son plan de convergence et de transformation

Autour du préfet de Région, Philippe Gustin, le président de la Région, Ary Chalus, et la président du Département, Josette Borel-Lincertin n'ont pas montré le même enthousiasme pour ce plan de convergence et de transformation de la Guadeloupe. Autour du préfet de Région, Philippe Gustin, le président de la Région, Ary Chalus, et la président du Département, Josette Borel-Lincertin n'ont pas montré le même enthousiasme pour ce plan de convergence et de transformation de la Guadeloupe.

Le dernier jour de l’année 2018 a été marqué par la signature, en milieu de matinée, du plan de convergence et de transformation de la Guadeloupe. Alors que chacun s’affairait aux derniers préparatifs du réveillon de la Saint-Sylvestre, les représentants de l’État, de la Région, du Département et des établissements publics de coopération intercommunale étaient à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre, pour échanger autour de l’avenir de l’archipel pour les dix prochaines années.

Autour du préfet de région, Philippe Gustin, étaient réunis le président de la Région, Ary Chalus, la présidente du Département, Josette Borel-Lincertin, et les six présidents des communautés d’agglomération et de communes ou leurs représentants : Maryse Etzol (Marie-Galante), Gabrielle Louis-Carabin (Nord Grande-Terre), Eric Jalton (Cap Excellence), Jocelyn Sapotille (Nord Basse-Terre), Laurent Bernier (Riviéra du Levant) et Aramis Arbau (Grand Sud Caraïbes).
Il s’agissait pour ces décideurs de signer le document élaboré en application de la loi de programmation relative à l’égalité réelle outre-mer du 28 février 2017, qui reconnaît aux populations des outre-mer le droit d’être traitées d’égal à l’égal avec leurs compatriotes résident sur le territoire de la France d’Europe. L’objectif de cette loi étant de réduire les écarts de niveaux de vie et de revenus, il a paru nécessaire aux représentants de l’État et aux élus locaux de définir une stratégie pour les dix prochaines années afin de traiter les problèmes liés au plein emploi, à la distribution de l’eau, à la gestion des déchets, à l’amélioration des circuits de transports, à la préservation de l’environnement et à l’attractivité du territoire.

DE LA STRATÉGIE À L’OPÉRATIONNEL
Instrument stratégique par excellence ce plan est le résultat du travail qui a été réalisé en amont lors des assistes des outre-mer, renforcé par les différents documents de planification du territoire de la Guadeloupe notamment le Schéma d’aménagement régional et le Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation. La stratégie étant définie, il s’agira de passer à l’opérationnel. Cette signature n’est donc qu’une première démarche avant de passer au concret et à la mise en œuvre du contrat de convergence et de transformation (2019-2022) au plus tard le 31 mars 2019. Constitué d’un plan d’actions opérationnel, ce contrat définira, financera et mènera à terme les projets sélectionnés pour réduire les écarts de développement entre la Guadeloupe et l’Hexagone. Par ailleurs, il remplace le contrat de plan État-Région actuellement en vigueur. 

LE VOIX DISCORDANTE
La convergence était donc au rendez-vous lundi matin à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre entre le préfet et les élus locaux, à une exception près : Josette Borel-Lincertin. Si la présidente du Département ne s’est pas opposée au plan en lui-même, elle a marqué sa différence en regrettant la part réservée à l’humain dans ce dispositif. Elle a notamment déploré que ce contrat de convergence contienne « exclusivement des projets d’investissement. (…) Or, l’esprit et la lettre de la loi étaient de prévoir également, dans le contrat de convergence, des actions en matière d’emploi, de santé, d’égalité entre les femmes et les hommes, de jeunesse, de lutte contre l’illettrisme, de logement et de gestion des ressources naturelles. Et que dire de la lutte contre la vie chère, discutée localement lors des assises des outre-mer, mais grande oubliée de ce contrat de convergence comme elle fut la grande oubliée du Livre bleu du gouvernement. »

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Josette Borel-Lincertin a signé le plan de convergence et de transformation de la Guadeloupe mais n'a pas manqué de regretter l'absence d'une meilleure prise en compte de l'humain par le dispositif.

POUR « UN VERITABLE PROJET DE TERRITOIRE »
La collectivité qu’elle préside ayant elle-même proposé des projets d’investissement, elle a expliqué qu’elle n’était pas contre ceux-ci, mais a fait remarquer que les actions en matière de lutte contre l’échec scolaire, de prise en charge du handicap, d’amélioration de la formation professionnelle, d’accès à la culture et de lutte contre la vie chère sont avant tout des dépenses de fonctionnement. Ainsi, elle pense que « le contrat de convergence ne paraît pas répondre, en l’état, à nos besoins de territoire et à ceux de nos collectivités. »  Elle aurait préféré  « un véritable projet de territoire autour des enjeux prioritaires de la Guadeloupe », issu de la large concertation qui a été menée tout au long des assises des outre-mer.

UN PLAN QUI PRÉSENTE DES AVANTAGES
Le préfet, qui a fait remarquer que la formation, la solidarité d’une manière générale et la sécurité faisaient aussi partie de l’humain, ne partage évidemment pas ce point de vue. Quant au président de Région et aux représentants des établissements publics de coopération intercommunale, ils ont d’abord retenu les aspects positifs de ce plan destiné à aboutir à ce contrat de convergence et de transformation. Parmi ses avantages, ils ont retenu la possibilité de mobiliser jusqu’à 600 millions d’euros sur la période 2019-2022 et de disposer d’une feuille de route qui leur permet d’avancer ensemble et de concrétiser certains projets qui datent de plusieurs années comme la piste de super-motard. La Guadeloupe est le premier territoire des outre-mer à avoir signé ce plan de convergence et de transformation.

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Les représentants des établissements publics de coopération intercommunale ont tous signé le document, à l'image de Jocelyn Sapotille, président de la communauté d'agglomération du Nord Basse-Terre, et de Maryse Etzol, présidente de la communauté de communes de Marie-Galante, qui comptent sur ce plan de convergence et de transformation pour développer leur territoire.

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