Culture

jeudi, 23 janvier 2014 15:55

Se souvenir d’elle… Hommage à Edith Leffel

Sur la scène du Cabaret Sauvage à Paris, Marie Céline Chroné a rendu un hommage émouvant à Edith Lefel disparue il y a onze ans.

Penser à Edith, se souvenir d’elle, de son talent…  Voilà de quoi, il était question ce samedi 18 janvier. Penser à Edith, sans tristesse ni larmes,  voilà la promesse qui avait été faite, le défi à relever. Mais comment y parvenir quand la douleur est encore vive, que son absence est encore souffrance et que Marie-Céline Chroné, amie fidèle d’Edith Lefel, s’apprête à interpréter (peut-on encore parler de chant quand on atteint ce point de perfection) Piensa en mi de Luz Casal.

Marie-Céline Chroné, est une thaumaturge et seule elle pouvait faire ça. Rendre les cœurs à la fois légers et lourds. Faire sourire les visages quand les yeux ne sont qu’averses. C’est une délicieuse sorcière et voilà déjà les spectateurs du Cabaret sauvage envoûtés par son talent et sa grâce.

Elle a  chanté pour Edith. Pour son Edith. Cette chanson-là pour elle et elle seule. Et nous, spectateurs médusés, émus assistions à ça. Nous, spectateurs presque voyeurs. Nous, en trop dans ce tête-à-tête, le souffle avalé, coupé pour ne pas déranger  votre dialogue intime.

Que lui a t’-elle dit à sa chère amie au –delà des mots chantés ? Probablement  son manque d'elle, son amour pour elle et la force qu’il lui reste malgré la douleur.
Lorsque vers le ciel, Marie Céline a levé les yeux, il nous a semblé que son Edith a souri et essuyé une larme. Elle aussi. Vous étiez si proches toutes les deux, vos fous-rires encore dans les studios d’enregistrement entre les prises…


Le journaliste ne doit jamais dire « je » mais voilà, Marie Céline Chroné m’oblige à ça. Son talent  m’y contraint. Exceptionnellement, dans ces colonnes, je ne suis plus journaliste. Je  méprise toutes les règles et contraintes. Je suis Migail, ton amie et je témoigne  de la force de l’amitié qui te liait à Edith Lefel. De mes mots modestes que j’aurais  voulu oublier, écrits il ya onze  ans déjà et que j’entends ce soir dans ta bouche aimante. Je te savais une immense chanteuse et je te découvre liseuse, je dis bien liseuse et merveilleuse oratrice. Alors mes larmes sur ton talent bien sûr. Mais aussi sur une époque, que nous enterrons ici au  Cabaret Sauvage. Mes larmes sur les tremblements de ta voix que tu essayes de masquer, mes larmes sur mes mots que j’aurais aimé n’avoir  jamais  écrits. Mes larmes sur notre amitié à jamais endeuillée. Mes larmes sur le doux visage d’Edith sur cet écran au-dessus de nous. Le trouble qu’il provoque. Edith si présente quand seule elle, manque à l’appel. Marie Céline, je le répète, tu es une sorcière, ma sorcière bien aimée. Continue à chanter, à procurer du plaisir, à faire des miracles avec ta seule voix. Là, où tu voudras. Dans les chœurs ou en lead. Là où tu te sens heureuse.

"Si vous souffrez parlons ensemble, pensez à moi."  Voilà, ce que disait Edith Lefel et c’est précisément ce qu’ont fait spectateurs et artistes lors de ce concert hommage. Voilà aussi ce que nous devrions tous emporter d’elle comme viatique. Pour la vie.

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