Archipel'Eau : un nouveau départ ?
La nouvelle régie doit reprendre l'exploitation quotidienne du service public de l'eau et de l'assainissement dès le 1er janvier 2027.
Le 26 octobre 2026, le comité syndical du SMGEAG a adopté les statuts de la régie Archipel'Eau et formalisé le transfert d'une partie de ses compétences. Après plusieurs années de coupures, de fuites, de factures contestées et de dettes accumulées, une nouvelle répartition des rôles doit s'imposer.
Un partage des rôles désormais acté
Archipel'Eau — l'exploitation
- Distribution de l'eau potable
- Facturation et relation avec les abonnés
- Réparation des fuites et interventions quotidiennes
- Assainissement et petits travaux
SMGEAG — la stratégie
- Programmation et pilotage
- Investissements structurants
- Modernisation du réseau
- Recherche et sécurisation des financements
Archipel'Eau sera présidée par Sylvie Gustave-dit-Duflo et dirigée par Jean-Mallory Rousseau. Le SMGEAG reste présidé par Henri Yacou, avec Rony Gamiette à sa direction générale.
Une régie tournée vers les usagers
L'enjeu n'est pas seulement administratif : il doit devenir visible au robinet, sur les factures et dans les délais d'intervention.
Pour les Guadeloupéens, la nouvelle organisation devra se traduire par des interlocuteurs identifiés, des interventions plus rapides, une facturation plus compréhensible et un meilleur traitement des réclamations.
Le transfert massif de personnels doit donner à Archipel'Eau une capacité opérationnelle réelle. Il devra cependant être accompagné d'une organisation précise des astreintes, des équipes de terrain, des outils de facturation et de la relation avec les abonnés.
Un budget de départ, un chantier immense
Le budget initial doit permettre à la régie d'organiser son fonctionnement, de rémunérer ses personnels et de prendre en charge les missions d'exploitation. Cette capacité constitue une première étape importante. Elle ne règle cependant pas la question centrale du financement de la rénovation des infrastructures.
La convention COROM prévoit 11 millions d'euros immédiatement mobilisables pour une partie des entreprises créancières, puis une tranche complémentaire de 3 millions conditionnée à la participation des collectivités. Cap Excellence a par ailleurs engagé 11 M€ via une convention de maîtrise d'ouvrage déléguée pour accélérer plusieurs travaux urgents.
Le poids du passé ne disparaît pas
La création d'Archipel'Eau n'efface ni les dettes du SMGEAG ni celles héritées des anciennes structures. La liquidation du SIAEAG continue notamment de peser sur la Communauté d'agglomération de la Riviera du Levant et sur la Communauté d'agglomération du Nord Basse-Terre.
La nouvelle régie face à l'épreuve du réel
Le SMGEAG a parallèlement engagé une démarche avec l'Agence française anticorruption. Un diagnostic des pratiques internes, une cartographie des risques et un programme de prévention destiné aux élus et aux agents doivent être mis en place. Cette démarche ne signifie pas qu'une infraction a été constatée : elle traduit la nécessité de sécuriser les décisions, les marchés publics et les futurs financements.