PRÉSIDENTIELLE 2027

Réponses aux 10 questions d’OUTREMER LE MAG
Version du 10/09/26

Les Outre-mer sont une composante essentielle de sa souveraineté de la France, de sa présence maritime et diplomatique, de sa biodiversité, de sa capacité de projection et, demain, de son potentiel économique.

Notre ambition politique ultramarine ne peut plus se résumer à l’addition de dispositifs correctifs venant compenser, année après année, les mêmes handicaps. La solidarité nationale reste intangible. Mais notre volonté est désormais de transformer cette solidarité en capacité durable de développement, de production, de création d’emplois et de rayonnement.

Cela suppose moins d’inventer de nouveaux principes que d’utiliser pleinement les possibilités que nous offre déjà notre droit. Notre engagement sera d’utiliser pleinement ces outils, et de les approfondir lorsque cela sera nécessaire, pour que l’égalité républicaine ne soit plus confondue avec l’uniformité. L’égalité des droits demeure le principe ; la différenciation des moyens peut être la condition de son effectivité.

QUESTION 1 – EMPLOI LOCAL ET PRÉFÉRENCE TERRITORIALE : ÊTES-VOUS PRÊT À FAIRE ÉVOLUER LES RÈGLES ?

Il faut d’abord distinguer trois problèmes que la question tend à regrouper : le chômage structurel, le retour des Ultramarins partis se former ou travailler ailleurs et la stabilité des compétences dans les fonctions essentielles que nous rajoutons.

Le premier problème est celui du volume d’emplois disponibles.

En 2024, le taux de chômage des 15-24 ans atteignait 38,4 % en Guadeloupe, 35,8 % en Martinique, 39,8 % en Guyane, 35 % à La Réunion et 55 % à Mayotte, contre 18,4 % dans l’Hexagone.

Ces chiffres montrent qu’il serait illusoire de présenter la seule « préférence locale » comme une solution au chômage ultramarin. Dans plusieurs territoires, le problème fondamental est que le nombre d’emplois créés demeure insuffisant par rapport au nombre de jeunes entrant chaque année sur le marché du travail.

C’est pourquoi notre première réponse est économique : il faut créer beaucoup plus d’emplois dans les Outre-mer, notamment dans le secteur privé. C’est tout le sens de notre projet productif développé dans les réponses aux questions 2 et 5.

Nous devons également accepter une réalité : un bassin d’emploi insulaire ne pourra pas toujours proposer immédiatement à chaque jeune le poste correspondant à sa formation.

La mobilité doit donc continuer à constituer une chance. Nous voulons permettre à un jeune Ultramarin de partir se former, travailler dans l’Hexagone, dans un autre territoire français, en Europe ou à l’international, d’y acquérir de l’expérience et, s’il le souhaite, de pouvoir ensuite revenir exercer ses compétences dans son territoire.

Il ne faut donc surtout pas construire, au nom de l’emploi local, un système qui se retournerait contre les Ultramarins eux-mêmes. Des centaines de milliers de Français originaires des Outre-mer travaillent aujourd’hui dans l’Hexagone. Ils doivent pouvoir accéder à tous les emplois et à toutes les responsabilités sans que leur origine géographique leur soit opposée. Nous ne pouvons pas défendre pour les Outre-mer un principe de fermeture que nous refuserions, à juste titre, lorsqu’il serait appliqué à un Ultramarin à Paris, Bordeaux, Lyon ou Marseille.

C’est pourquoi nous ne sommes pas favorables à une préférence générale fondée sur le lieu de naissance ou l’origine territoriale.

En revanche, il existe un deuxième problème très concret : la stabilité des compétences dans les territoires.

Dans les Outre-mer, des services de l’État, des hôpitaux, des collectivités territoriales, des établissements publics ou des opérateurs assurant des services essentiels connaissent une rotation très importante de leurs personnels, notamment dans les fonctions d’encadrement.

Cette instabilité a un coût considérable, même s’il est rarement mesuré comptablement. Lorsque les responsables changent tous les deux ou trois ans, la connaissance du territoire disparaît avec eux, les partenariats doivent être reconstruits, les dossiers réexpliqués, les décisions retardées. Les politiques publiques fonctionnent alors par à-coups.

C’est exactement le contraire de ce dont ont besoin des territoires confrontés à des transformations structurelles qui nécessitent dix ou quinze ans de continuité.

La législation française reconnaît déjà en partie cette réalité. Le centre des intérêts matériels et moraux – CIMM – constitue une priorité légale de mutation pour les fonctionnaires concernés par les Outre-mer.

Nous ne partons donc pas de rien. Mais le système doit devenir beaucoup plus effectif.

Un fonctionnaire ultramarin travaillant dans l’Hexagone et souhaitant revenir dans son territoire ne devrait pas être confronté pendant des années à l’impossibilité d’obtenir une affectation alors que, simultanément, le même territoire peine à stabiliser ses personnels.

Nous voulons donc renforcer l’effectivité du CIMM, harmoniser son application entre administrations et mieux l’intégrer dans les politiques de ressources humaines de la sphère publique en particulier.

Nous proposons également que, pour certaines fonctions confrontées à des difficultés récurrentes de recrutement et de fidélisation, la volonté d’inscription durable dans le territoire puisse être prise en considération parmi les critères d’affectation, dans le respect des compétences requises et des principes de la fonction publique.

Cela ne doit pas conduire à fermer les territoires.

Dans certaines fonctions d’autorité, de contrôle, de justice, de sécurité ou de direction, la mobilité extérieure peut au contraire constituer une garantie d’indépendance.

Nous devons donc éviter deux excès : considérer qu’un Ultramarin est nécessairement mieux placé pour exercer toute fonction dans son territoire ; ou considérer à l’inverse que l’ancrage territorial n’a aucune valeur.

Notre objectif est la stabilité territoriale des compétences, pas la préférence identitaire.

Cette logique doit aussi être appliquée aux recrutements.

Nous voulons examiner les dispositifs par lesquels certains concours ou recrutements de policiers, surveillants pénitentiaires, enseignants ou autres agents publics sont organisés dans les Outre-mer pour répondre principalement aux besoins de l’Hexagone, alors même que les territoires d’origine peuvent connaître leurs propres difficultés de recrutement.

Il n’est pas cohérent de former ou recruter localement des agents, de leur imposer plusieurs années d’affectation dans l’Hexagone, puis de recruter dans le même temps d’autres agents pour venir temporairement occuper les fonctions dont leur territoire a besoin.

Il faut mieux articuler les recrutements nationaux avec les besoins territoriaux.

Nous voulons surtout agir sur les règles de gestion elles-mêmes. Dans chaque administration connaissant des vacances de postes ou un turnover élevé outre-mer, les plans annuels de recrutement et de mobilité devront identifier les emplois concernés et prévoir prioritairement les moyens de les stabiliser. Lorsque des fonctionnaires justifiant d’un CIMM souhaitent revenir sur un territoire où leur administration recrute parallèlement des agents extérieurs, cette contradiction devra être objectivée et justifiée. Nous voulons également revoir les dispositifs de recrutement qui conduisent à former ou recruter des agents dans un territoire ultramarin pour les affecter durablement dans l’Hexagone alors que le même métier y est en tension.

Enfin, si certaines évolutions législatives sont nécessaires pour sécuriser ces mécanismes, nous les conduirons. Mais nous ne proposons pas une révision constitutionnelle pour instaurer une préférence généralisée fondée sur l’origine.

Notre doctrine est donc précise : oui à la territorialisation de certaines politiques de recrutement lorsqu’elle répond à un objectif de continuité, d’efficacité et de stabilité des services ; oui au retour des Ultramarins qui souhaitent exercer durablement dans leur territoire ; non à une préférence générale fondée sur le lieu de naissance ou l’origine.

L’objectif est que les Outre-mer cessent de perdre leurs compétences tout en restant pleinement ouverts aux compétences dont ils ont besoin.

QUESTIONS 2 ET 5 – COMPÉTITIVITÉ, FISCALITÉ ET NOUVEAU MODÈLE ÉCONOMIQUE ULTRAMARIN

Nous assumons de répondre ensemble aux questions 2 et 5 parce qu’elles posent, au fond, une seule question : quel modèle économique voulons-nous pour les Outre-mer ?

Notre réponse est claire : oui, nous voulons changer de modèle. Nous ne partons évidemment pas de zéro.

Depuis plusieurs décennies, l’État et les collectivités ont développé des instruments spécifiques pour compenser les handicaps structurels ultramarins.

La LODEOM a notamment créé et renforcé des exonérations spécifiques de cotisations sociales. En 2026, trois barèmes d’exonération existent – compétitivité, compétitivité renforcée, innovation et croissance – en fonction de la taille de l’entreprise et de son secteur d’activité.

Les zones franches d’activité nouvelle génération – ZFANG – permettent déjà aux entreprises éligibles des DOM de bénéficier d’un abattement de 50 % sur leurs bénéfices imposables, pouvant atteindre 80 % dans les territoires ou secteurs prioritaires. Les régimes concernent également la CFE et les taxes foncières.

À Mayotte, la loi de programmation de 2025 est allée beaucoup plus loin en créant, pour cinq ans, une zone franche globale : l’abattement atteint 100 % sur les bénéfices, la CFE et la taxe foncière sur les propriétés bâties, avec une extension temporaire à presque tous les secteurs d’activité.

L’octroi de mer constitue également un instrument de protection de la production locale. Il autorise des différentiels de taxation entre produits importés et productions locales, pouvant atteindre, selon les catégories autorisées par le droit européen, 20 ou 30 points de pourcentage.

Le FIP Outre-mer permet quant à lui d’orienter de l’épargne privée vers les fonds propres d’entreprises ultramarines. Le dispositif fiscal prévoit en 2026 une réduction d’impôt de 30 %, sous conditions, pour les souscriptions dans des fonds dont au moins 70 % des actifs sont investis dans les territoires concernés.

À ces instruments s’ajoutent la défiscalisation de l’investissement productif, les crédits d’impôt, les aides européennes, les aides régionales et de nombreux régimes sectoriels.

Ces mécanismes sont utiles car ils compensent des handicaps réels : éloignement, insularité, surcoût du fret, énergie, faibles volumes, étroitesse des marchés, dépendance aux importations, foncier limité ou vulnérabilité aux risques naturels.

Mais après plusieurs décennies, nous devons regarder le résultat économique.

En 2024, l’administration publique, l’enseignement, la santé et l’action sociale représentaient 37,3 % de la valeur ajoutée en Guadeloupe, 37 % en Martinique, 38,2 % en Guyane et 38,4 % à La Réunion, contre 21,2 % dans l’Hexagone.

À l’inverse, l’industrie représentait seulement 10,5 % en Guadeloupe, 9,4 % en Martinique, 8,2 % en Guyane et 7,2 % à La Réunion, contre 13,8 % en France métropolitaine.

Ces chiffres résument une partie du problème.

La solidarité nationale a permis de faire progresser les niveaux de vie, de financer les services publics et de soutenir la consommation. Mais elle n’a pas encore créé partout une base productive suffisante pour générer durablement les emplois dont ces territoires ont besoin.

Les écarts de richesse restent considérables : en 2024, le PIB par habitant atteignait environ 29 100 € en Guadeloupe, 29 900 € en Martinique, 27 500 € à La Réunion et 17 700 € en Guyane, contre 43 170 € dans l’Hexagone. Pour Mayotte, la dernière donnée consolidée disponible est d’environ 12 000 € par habitant en 2023.

Notre doctrine est donc la suivante : nous continuerons à compenser ce qui doit l’être, mais nous voulons désormais investir prioritairement pour permettre aux économies ultramarines de sortir progressivement de la dépendance aux compensations.

C’est précisément ici que les Outre-mer doivent être pleinement intégrés au projet économique « Produire plus » porté par Bruno Retailleau et Les Républicains. Mais notre ambition va au-delà de la simple déclinaison d’un dispositif financier national : nous voulons déterminer avec chaque territoire les fonctions économiques qu’il peut exercer pour lui-même, pour son bassin régional, mais aussi pour la France et pour l’Europe.

Les Outre-mer ne sont pas seulement des marchés de consommation situés à distance de l’Hexagone. Ils peuvent devenir des plateformes françaises de production, de transformation, de certification, de logistique, de recherche, de services et d’accès à de grands marchés régionaux.

Notre objectif est donc de passer d’une logique où la France finance principalement la consommation et la compensation des surcoûts à une logique dans laquelle elle permet également à ses territoires ultramarins de développer des fonctions productives utiles à la prospérité nationale. Nous ne voulons plus seulement demander ce que la France doit faire pour ses Outre-mer ; nous voulons déterminer ce que la France peut produire et construire avec ses Outre-mer.

C’est à l’intérieur de cette stratégie que prend place le Fonds France Production de 600 millions d’euros par an prévu par le projet LR « Produire plus ». Nous en garantirons une déclinaison ultramarine avec des enveloppes territoriales identifiées et des conditions d’intervention adaptées à la taille des projets et des entreprises.

Ce fonds constituera, avec le renforcement du FIP-DOM, Bpifrance, les Régions, les fonds européens et l’épargne privée, l’un des principaux leviers de financement de l’investissement productif.

Notre deuxième levier sera une fiscalité productive ultramarine.

Nous voulons sortir du raisonnement qui consiste à diminuer uniformément les prélèvements sans définir ce que l’on souhaite réellement produire. Chaque territoire devra sélectionner un nombre limité de filières disposant d’un potentiel économique réel.

À partir de ces choix, nous alignerons sur une période longue – quinze à vingt ans – fiscalité, cotisations sociales, financement, formation professionnelle, infrastructures, foncier économique, recherche, commande publique et diplomatie économique. L’avantage fiscal aura une contrepartie : produire, investir, créer des emplois et développer de nouveaux marchés.

Nous regarderons notamment les expériences européennes qui ont démontré qu’une différenciation fiscale ambitieuse pouvait être juridiquement compatible avec l’Union européenne.

Les Canaries constituent à cet égard un exemple intéressant : la Zona Especial Canaria applique, sous conditions d’activité réelle, d’investissement et d’emploi, un taux réduit d’impôt sur les sociétés de 4 %.

Nous ne proposons pas de recopier mécaniquement le modèle canarien. Mais nous refusons que l’on nous explique que toute fiscalité territoriale ambitieuse serait impossible alors qu’une autre région ultrapériphérique de l’Union européenne l’utilise depuis des années.

Pour les RUP françaises, l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne doit redevenir un véritable outil de politique économique.

Notre troisième axe sera l’insertion régionale.

Pendant trop longtemps, nous avons regardé les Outre-mer uniquement depuis Paris.

Or un territoire ultramarin, loin de l’Hexagone, peut se trouver proche de marchés importants.

La Guadeloupe et la Martinique sont situées au cœur de la Caraïbe, à proximité de la CARICOM, de l’Amérique du Nord et de l’Amérique latine. La Guyane appartient géographiquement à l’Amérique du Sud.

La Réunion et Mayotte se trouvent au contact de l’Afrique orientale, de l’Afrique australe et des économies de l’océan Indien.

Les territoires du Pacifique évoluent dans l’une des régions économiques les plus dynamiques du monde.

Cette géographie doit devenir un avantage.

Nous voulons développer des chaînes de valeur régionales : importer lorsque cela est plus rationnel des matières premières ou produits semi-transformés depuis les pays voisins, les transformer, certifier et conditionner dans les territoires français, puis vendre ces produits localement, régionalement, dans l’Hexagone et sur le marché européen.

L’Europe doit elle-même adapter certaines de ses règles pour permettre cette stratégie.

Il est en effet absurde que les règles européennes conduisent systématiquement une entreprise ultramarine à importer depuis le continent européen un produit disponible à quelques centaines de kilomètres uniquement parce que les normes commerciales ou douanières rendent l’approvisionnement régional économiquement impossible, alors que ce même produit importé depuis Rungis, provient du pays à proximité.

Nous voulons donc mobiliser pleinement l’article 349 et négocier, territoire par territoire, les adaptations nécessaires.

Cela concerne la fiscalité, les aides d’État, les normes, mais également certains mécanismes environnementaux tels que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières lorsque son application produit des effets disproportionnés dans une RUP.

Notre axe suivant sera l’exportation.

Les productions ultramarines ne doivent plus être enfermées dans leurs seuls marchés locaux.

Un marché intérieur de 300 000 à 800 000 habitants atteint très rapidement ses limites. Il faut donc permettre aux producteurs de vendre davantage dans l’Hexagone et dans l’ensemble du marché européen.

La présence sur les rayons ultramarins de produits espagnols, portugais, grecs, allemands ou néerlandais est parfaitement normale dans le marché unique. La réciproque doit devenir beaucoup plus fréquente : les produits ultramarins doivent pouvoir être présents partout sur le marché français et européen.

L’élargissement du marché permettra d’augmenter les volumes, de réaliser davantage d’économies d’échelle et de réduire les coûts unitaires.

Notre première grande réforme économique ultramarine sera donc un Pacte national pour la production dans les Outre-mer, décliné territoire par territoire et directement rattaché au programme LR Produire plus.

Il reposera sur une idée simple : la République doit continuer à protéger et à compenser les handicaps structurels, mais elle doit surtout permettre à chaque territoire de construire une économie capable de produire davantage. Nous voulons rompre avec la société de consommation totale et passer progressivement à des territoires d’industries.

Nous ne voulons plus seulement demander combien il faut dépenser pour compenser les handicaps ultramarins. Nous voulons désormais nous demander combien de valeur, combien d’entreprises, combien d’emplois et combien d’exportations les politiques publiques permettent de créer.

QUESTION 3 – COMMANDE PUBLIQUE : COMMENT ÉVITER QUE LES ENTREPRISES ULTRAMARINES SOIENT ÉVINCÉES DE LEUR PROPRE MARCHÉ ?

La commande publique est le principal instrument de développement économique ultramarin compte tenu de son poids économique.

En 2023, la commande publique représentait environ 6,3 milliards d’euros dans les collectivités ultramarines. Son poids atteignait environ 14,4 % du PIB à La Réunion et 15,7 % en Guadeloupe, contre environ 6 % du PIB au niveau national. À Mayotte, selon des travaux parlementaires, l’achat public sous toutes ses formes représentait près de la moitié de l’économie locale.

À l’échelle nationale, les PME obtenaient 59 % des marchés publics en nombre, mais seulement 27,2 % de leur valeur en 2023 ; à l’inverse, les grandes entreprises, avec 18,6 % des contrats, captaient 43 % de la valeur. Cette différence entre le nombre de marchés remportés et la valeur effectivement captée éclaire directement l’enjeu ultramarin.

Autrement dit, la manière dont la puissance publique achète peut déterminer directement la structuration du tissu économique. Il est donc essentiel de s’assurer que cette manne publique profite réellement au territoire en termes de création d’emplois et de valeur ajoutée notamment.

Notre approche ne consiste cependant pas à instaurer une préférence locale générale contraire aux principes d’égalité et de concurrence. Mais nous observons deux situations que nous voulons corriger.

La première concerne les marchés que les entreprises locales sont parfaitement capables d’exécuter mais auxquels elles n’accèdent pas en raison de critères disproportionnés.

Une TPE ultramarine ne dispose pas du même marché potentiel qu’une entreprise implantée dans plusieurs régions de l’Hexagone. Elle a mécaniquement moins de chiffre d’affaires, moins de références et moins d’occasions de répondre à de grands appels d’offres.

Lorsque l’acheteur exige des références disproportionnées, un chiffre d’affaires extrêmement élevé, un stock ou des moyens techniques sans rapport avec les besoins réels du marché, il peut exclure artificiellement des entreprises parfaitement capables de réaliser la prestation.

Et il arrive ensuite que le titulaire extérieur sous-traite précisément le marché à l’entreprise locale qui n’avait pas été considérée comme suffisamment importante pour le remporter directement.

Nous voulons donc appliquer beaucoup plus strictement le principe de proportionnalité des critères de capacité.

Pour les marchés simples ou facilement divisibles, nous voulons utiliser beaucoup plus systématiquement l’allotissement, les procédures adaptées, le sourcing et des critères de capacité proportionnés.

Mais nous devons également regarder la transformation actuelle de la commande publique. Pour les grandes infrastructures, les maîtres d’ouvrage recourent de plus en plus à des marchés globaux ou à des montages intégrés — conception-réalisation, marchés globaux de performance ou autres dispositifs — afin de mieux sécuriser les délais, les responsabilités et les coûts. Ces formes de commande peuvent être justifiées. Mais leurs exigences financières, assurantielles et techniques créent des barrières à l’entrée telles qu’elles peuvent aboutir à concentrer durablement des pans entiers de la commande publique entre quelques grands opérateurs.

Nous refusons cette alternative entre sécuriser les grands projets et développer le tissu économique local.

Lorsque l’allotissement n’est pas adapté, nous voulons imposer une véritable stratégie d’essaimage économique autour du titulaire : cotraitance, sous-traitance, formation, transfert de compétences et montée progressive en capacité des TPE-PME. L’objectif est qu’une entreprise locale intervenant aujourd’hui comme sous-traitante de second rang puisse demain devenir cotraitante, puis être elle-même en mesure de remporter des marchés plus importants.

Ce principe devra être objectivé dans l’exécution du marché : part du chiffre d’affaires réellement confiée aux PME, nature des prestations réalisées, emplois créés, compétences transférées et nouvelles qualifications obtenues.

L’expérience réunionnaise montre que l’on peut déjà agir fortement sans sortir du droit actuel. En 2023, la Région Réunion indiquait que plus de 90 % du nombre de ses marchés étaient attribués à des TPE-PME. Ce chiffre concerne les marchés de la Région et non l’ensemble de la commande publique réunionnaise, mais il démontre qu’une stratégie d’achat adaptée produit des résultats.

Il bien sûr est parfaitement légitime que des entreprises nationales ou européennes remportent un marché lorsqu’elles disposent de compétences ou de capacités qui n’existent pas localement.

Mais lorsqu’un marché de plusieurs dizaines ou centaines de millions d’euros est financé sur un territoire, il est également légitime de se demander quelle valeur économique y restera réellement.

Combien d’emplois ? Quelle sous-traitance ? Quelle formation ? Quel transfert de compétences ? Quelles nouvelles références pour les PME locales ?

Nous voulons donc renforcer les clauses juridiquement sécurisées permettant de prendre davantage en compte les retombées sociales, environnementales et économiques de l’exécution du marché.

Nous voulons notamment que les plans de sous-traitance deviennent un outil beaucoup plus précis : montant sous-traité, nature des prestations, durée, formation et transfert de compétences.

Et nous disposons désormais d’un précédent très concret.

À Mayotte, dans le cadre de la reconstruction après le cyclone Chido, la loi permet de réserver jusqu’à 30 % du montant estimé de certains marchés sous les seuils européens aux microentreprises, PME et artisans établis sur le territoire.

Lorsque le titulaire principal n’est pas lui-même une PME ou un artisan répondant à ces conditions, la loi prévoit, sauf impossibilité liée à la structure du secteur, une part minimale de 30 % du marché confiée à ces entreprises.

Ce dispositif est exceptionnel et temporaire. Mais il démontre que le législateur sait créer une adaptation territoriale beaucoup plus ambitieuse lorsqu’il considère que la situation économique le justifie.

Nous voulons donc demander une évaluation rigoureuse de cette expérimentation et examiner sa transposition, sous une forme juridiquement compatible avec le droit européen, dans les territoires où la structure économique l’exige.

Pour les régions ultrapériphériques, nous porterons également cette question au niveau européen sur le fondement de l’article 349.

Notre objectif n’est pas tant de protéger une entreprise parce qu’elle est locale indépendamment de sa performance, mais plutôt d’éviter qu’elle soit éliminée artificiellement du marché qu’elle est capable d’exécuter et de faire en sorte que les grands investissements publics créent réellement de la valeur dans le territoire qui les finance.

Chaque milliard d’euros de commande publique investi dans les Outre-mer doit laisser derrière lui des infrastructures, bien sûr, mais également des emplois, des compétences, des références et des entreprises plus fortes.

QUESTION 4 – EAU : QUELLE OBLIGATION DE RÉSULTAT POUR L’ÉTAT ?

Les sujets vitaux qui pénalisent directement la vie quotidienne de la population doivent être traités avec lucidité et avec une obligation de résultat. Lorsque les organisations ordinaires ne permettent plus d’apporter la réponse dans des délais acceptables, nous devons être capables d’adapter temporairement la gouvernance, les financements et la maîtrise d’ouvrage à l’ampleur du problème. L’eau en est l’illustration la plus évidente.

La Guadeloupe illustre l’échec d’une organisation dans laquelle les plans, les financements et les structures se sont succédé sans permettre pendant longtemps un retour durable à un service normal.

Le diagnostic est particulièrement frappant.

Le réseau géré par le SMGEAG représente environ 3 125 kilomètres. Le syndicat estimait récemment que 60 à 70 % de l’eau injectée pouvait être perdue avant d’arriver au robinet et évaluait à environ 20 millions d’euros par an le besoin de renouvellement du réseau pour remplacer environ 30 kilomètres de canalisations par an, soit seulement 1 % du patrimoine.

Les données les plus récentes montrent une amélioration, mais aussi l’ampleur du chemin restant à parcourir : 59 000 habitants étaient encore concernés par les tours d’eau en 2024, contre 90 000 en 2021 ; 8 000 fuites ont été réparées en 2024, contre 2 700 en 2022, mais le taux de perte du réseau demeurait de 60 %. Les progrès doivent donc être reconnus, sans considérer pour autant qu’un tel niveau de perte soit compatible avec un service normal.

Cela montre que le problème n’est pas seulement financier.

Lorsqu’un territoire doit engager plusieurs centaines de millions d’euros de travaux sur dix ou quinze ans, la question essentielle devient celle de la capacité de maîtrise d’ouvrage : qui programme ? qui emprunte ? qui conduit les études ? qui passe les marchés ? qui contrôle les chantiers ? qui assume la responsabilité du résultat ?

Nous devons donc accepter de changer de méthode.

Cela ne signifie pas recentraliser la compétence.

Nous proposons, lorsque l’ampleur du problème le justifie et en accord avec les collectivités, une gouvernance exceptionnelle et temporaire de projet associant l’État, les collectivités concernées et les opérateurs.

Cette gouvernance disposerait d’un programme pluriannuel d’investissement consolidé, d’un plan de financement sécurisé, d’une capacité d’emprunt adaptée, d’une ingénierie propre, d’un calendrier public et d’objectifs de performance.

La méthode devra être différente selon les territoires.

En Guadeloupe, la ressource en eau existe en quantité importante ; le problème principal tient historiquement aux réseaux, aux transferts, aux équipements et à la gestion.

À Mayotte, le problème est différent : il faut simultanément augmenter la production, sécuriser la ressource, développer le dessalement, le stockage, les réseaux et l’assainissement.

Nous ne proposons donc pas un énième « plan eau outre-mer » uniforme.

Nous proposons une méthode : un diagnostic territorial, un programme unique d’investissements, un financement sécurisé, une maîtrise d’ouvrage capable de les réaliser et un responsable clairement identifiable.

Et nous devons nous engager sur les résultats.

Dans les territoires où les tours d’eau résultent principalement de pertes et de dysfonctionnements du réseau, nous devons viser une amélioration perceptible dès les deux premières années du quinquennat et un retour durable à un service normal dans un horizon de cinq ans, sous réserve des caractéristiques techniques propres à chaque territoire.

Chaque année devront être publiés : taux de rendement du réseau, nombre et durée des interruptions, kilomètres de réseau renouvelés, capacités nouvelles de production et de stockage, taux d’exécution des investissements et utilisation des crédits.

QUESTION 6 – VIE CHÈRE : COMMENT AGIR SUR LES CAUSES ET PAS SEULEMENT SUR LES CONSÉQUENCES ?

La vie chère n’est plus une perception. Elle se mesure.

En 2022, l’Insee estimait le niveau général des prix supérieur à celui de l’Hexagone de 15,8 % en Guadeloupe, 13,8 % en Martinique, 13,7 % en Guyane, 8,9 % à La Réunion et 10,3 % à Mayotte hors loyers.

Mais c’est dans l’alimentaire que les écarts deviennent les plus préoccupants : +41,8 % en Guadeloupe, +40,2 % en Martinique, +39,4 % en Guyane, +36,7 % à La Réunion et +30,2 % à Mayotte.

Et entre 2015 et 2022, l’écart alimentaire a encore augmenté de 11 points à Mayotte, 9 points en Guadeloupe et à La Réunion, 6 points en Guyane et 2 points en Martinique.

Ces chiffres démontrent deux choses.

Premièrement, l’intervention publique reste indispensable.

Nous continuerons donc à agir sur la transparence des marges, les concentrations excessives, les pratiques anticoncurrentielles, les chaînes d’importation, le fret et la fiscalité appliquée aux produits essentiels.

La DGCCRF, les douanes et les autres services de contrôle devront disposer des moyens humains et technologiques nécessaires.

Nous voulons également améliorer la transparence de la formation des prix, en suivant le prix d’un produit depuis son achat au fournisseur jusqu’au passage en caisse : prix départ, fret, assurances, frais portuaires, taxes, marges de gros et marges de détail.

Mais cette politique a une limite.

Une réponse administrative peut atténuer ou compenser les effets d’un handicap structurel ; elle ne peut pas, à elle seule, faire disparaître ce handicap.

Si un territoire importe l’essentiel de ce qu’il consomme, les coûts de transport, de stockage, de rupture de charge et de distribution resteront structurellement présents.

Notre deuxième réponse est donc productive.

Nous devons développer beaucoup plus fortement la production alimentaire locale lorsque les conditions agronomiques et économiques le permettent.

Mais la souveraineté alimentaire ne signifie pas que chaque territoire produira l’intégralité de ce qu’il consomme. La transformation locale constitue un potentiel considérable.

Une matière première peut être importée puis transformée, assemblée, conditionnée et distribuée localement. C’est déjà ainsi que fonctionnent de très nombreuses industries agroalimentaires dans le monde. Produire localement des jus, des produits laitiers, des biscuits, des plats transformés ou d’autres biens à partir de matières premières régionales permet de substituer progressivement des produits finis importés par de la valeur créée sur place.

Mais cette production devra elle-même accéder à des marchés beaucoup plus vastes.

Un industriel ne peut pas toujours atteindre une taille compétitive lorsqu’il ne peut vendre que dans un marché de 300 000 à 800 000 consommateurs.

Nous voulons donc faciliter beaucoup plus fortement la commercialisation des productions ultramarines dans l’Hexagone et dans l’ensemble du marché européen. C’est une condition indispensable aux économies d’échelle.

Notre troisième axe est l’intégration régionale.

Les Outre-mer importent déjà leurs biens depuis de nombreux marchés mondiaux. Notre ambition n’est donc pas simplement de remplacer des importations lointaines par des achats auprès des pays voisins. Nous voulons passer d’une logique d’importation régionale à une logique de coproduction régionale.

Les normes sanitaires et phytosanitaires européennes doivent continuer à protéger nos compatriotes. Il ne s’agit pas de les abaisser. Plusieurs pays de nos bassins produisent d’ailleurs déjà pour le marché européen dans le cadre de filières répondant à ces exigences. Nous voulons permettre aux entreprises et producteurs ultramarins de participer directement à ces filières, en nouant des partenariats de production avec les acteurs des pays voisins.

Les accords de partenariat économique conclus par l’Union européenne doivent également devenir des instruments de cette stratégie. Nos entreprises doivent pouvoir investir, contractualiser et coproduire dans leur bassin régional, tout en assurant localement une partie de la transformation, du contrôle, de la certification et de la création de valeur.

L’objectif est de donner à nos propres producteurs l’accès à des capacités de production et à des marchés d’une autre échelle, comme le font déjà de grandes puissances économiques qui organisent leurs chaînes de valeur au-delà de leurs frontières. Nous ne voulons pas que les Outre-mer soient de simples acheteurs dans leur environnement régional : nous voulons qu’ils deviennent des acteurs de la production régionale.

C’est ainsi que nous construirons une véritable souveraineté alimentaire en circuit court : produire davantage dans nos territoires, coproduire dans nos bassins régionaux et sécuriser des chaînes de valeur maîtrisées, conformes aux standards européens et créatrices d’emplois et de valeur pour les Outre-mer.

Nous devons par ailleurs étudier avant toute application, l’impact des dispositifs qui peuvent venir surenchérir les coûts en outremer.

Le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières – MACF ou CBAM – en est un exemple parfait. Il concerne notamment le ciment, le fer et l’acier ou l’aluminium. Or, les économies ultramarines importent massivement ces matériaux.

Nous défendrons donc une adaptation du MACF pour les RUP lorsque son application conduit à ajouter artificiellement un coût à la construction ou à l’investissement sans gain environnemental réel compte tenu des distances de transport.

L’article 349 doit permettre cette adaptation.

Nous conserverons également l’octroi de mer comme outil de protection de la production locale lorsqu’une différence de taux est économiquement justifiée, mais nous évaluerons systématiquement son effet sur les prix. La protection d’une production locale ne doit pas conduire à installer durablement une rente économique sans amélioration de la compétitivité.

Enfin, le questionnaire demande un objectif mesurable.

Nous ne proposons pas de créer un indicateur supplémentaire : nous nous appuierons sur le Bouclier qualité-prix (BQP) et sur les Observatoires des prix, des marges et des revenus, qui existent déjà.

Dès 2027, un noyau stable de produits essentiels comparables sera identifié à l’intérieur du BQP de chaque territoire. Son prix sera suivi pendant toute la durée du quinquennat, ainsi que les principales composantes qui le forment : prix d’achat, fret, fiscalité, marges de gros et marges de détail.

Nous fixerons pour chaque territoire une trajectoire quinquennale publique de réduction de l’écart avec l’Hexagone, avec un objectif national de réduction d’au moins 25 % de l’écart alimentaire constaté au début du mandat sur ce noyau de produits.

QUESTION 7 – SÉCURITÉ, ARMES ET NARCOTRAFIC : L’ÉTAT EST-IL ENCORE À LA HAUTEUR DE LA MENACE ?

Face à l’évolution du narcotrafic, notre organisation doit changer d’échelle. Le narcotrafic n’est plus une délinquance parmi d’autres. Il dispose de capitaux considérables, recrute une main-d’œuvre de plus en plus jeune, diffuse les armes, corrompt, intimide, contrôle certains territoires et cherche à pénétrer l’économie légale.

Nous nous fixons donc un objectif clair : démanteler les réseaux et éradiquer leur emprise sur les territoires où ils s’installent. Cette détermination est nationale.

Il n’existera pas d’un côté une grande politique française contre le narcotrafic et, de l’autre, quelques plans particuliers pour les Outre-mer. Les Outre-mer seront intégrés dès l’origine dans la stratégie nationale et européenne de lutte contre les trafics.

La Guyane démontre pourquoi : l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives la qualifie de maillon stratégique du trafic sud-américain de cocaïne vers l’Europe. L’OFDT relève également que le prix de la cocaïne y est deux à trois fois inférieur à celui observé dans l’Hexagone, conséquence de l’abondance de l’offre. Les réseaux utilisent ensuite l’Hexagone, les Antilles et les routes européennes.

Ce phénomène ne s’arrête donc pas aux frontières administratives d’un territoire ultramarin. Il faut réorganiser l’ensemble de la chaîne de l’État : police, gendarmerie, douanes, OFAST, renseignement, justice, administration pénitentiaire et services financiers doivent travailler dans une seule stratégie opérationnelle.

Nous agirons simultanément sur les routes logistiques, les réseaux, les points de vente, les armes, les flux financiers et le blanchiment. Bruno Retailleau a eu cette détermination en tant que ministre de l’intérieur et il la poursuivra avec force en tant que Président de la République.

L’objectif doit être que le trafic ne paie plus. Les avoirs criminels saisis devront être davantage mobilisés pour renforcer les moyens des services qui combattent les réseaux et pour réparer les territoires affectés.

Nous renforcerons également les contrôles portuaires et aéroportuaires en utilisant davantage les technologies de détection, l’analyse de données et le renseignement ciblé.

Les frontières ultramarines appellent une coopération beaucoup plus forte avec les États voisins. Dans la Caraïbe, en Amérique du Sud, dans l’océan Indien et dans le Pacifique, nous devons systématiser les échanges de renseignement et les opérations conjointes.

La dimension européenne est tout aussi importante. Les routes de cocaïne ne visent pas uniquement le marché français mais l’ensemble de l’Europe occidentale. Les régions ultrapériphériques constituent donc également des frontières avancées de l’Union européenne. Nous demanderons une mobilisation accrue d’Europol et des instruments européens adaptés.

Enfin, nous refuserons que les territoires ultramarins supportent seuls les conséquences d’un trafic dont la destination finale est souvent nationale ou européenne.

Notre doctrine est donc sans ambiguïté : le narcotrafic est une menace nationale ; la lutte contre le narcotrafic est une cause nationale ; les Outre-mer en sont un front majeur et doivent disposer des moyens de la Nation. Nous ne nous contenterons pas de contenir les trafics.

Nous voulons démanteler les réseaux, confisquer leur patrimoine, assécher leurs circuits financiers, couper leurs routes d’approvisionnement et restaurer l’autorité de la République partout où ils cherchent à s’installer.

QUESTION 8 – JEUNESSE ET VIOLENCE : COMMENT ÉVITER QU’UNE GÉNÉRATION NE BASCULE ?

La sécurité appelle une réponse ferme. Mais lorsque nous parlons de jeunes, nous devons également intervenir avant que la violence ne commence.

Le basculement dans la délinquance est souvent le résultat d’une chaîne : décrochage scolaire, absence de qualification, difficulté d’accès à l’emploi, chômage, perte de perspectives, parfois addictions, économie souterraine, puis recrutement par des réseaux criminels.

Si nous voulons réellement casser cette chaîne, il faut agir dès son premier maillon : l’école.

C’est précisément pourquoi notre réponse ultramarine sera directement rattachée au projet Éducation des Républicains pour 2027, présenté par Bruno Retailleau.

Ce projet prévoit une rupture avec le collège unique, le retour de parcours davantage personnalisés, le rétablissement de l’autorité et du redoublement lorsqu’il est nécessaire, un recentrage sur les savoirs fondamentaux et la possibilité d’ouvrir l’apprentissage dès la quatrième. Il fixe également comme objectif que tous les élèves entrant au collège maîtrisent la lecture, l’écriture et le calcul.

Ces orientations prennent une importance particulière dans les territoires où l’échec scolaire est beaucoup plus important.

À Mayotte, par exemple, l’Insee estime qu’une très forte proportion de la population adulte ayant achevé sa scolarité ne dispose d’aucun diplôme. Dans plusieurs autres territoires, les jeunes sortant du système scolaire sans qualification restent également beaucoup plus nombreux que dans l’Hexagone.

Il faut donc rompre avec une logique dans laquelle un enfant peut progresser de classe en classe sans avoir acquis les fondamentaux jusqu’au moment où, arrivé à 16 ou 17 ans, le système constate qu’il n’est plus en mesure de poursuivre efficacement ses études.

Faire passer un jeune sans lui donner les moyens de réussir n’est pas lui donner une chance ; c’est différer son échec. Nous voulons intervenir beaucoup plus tôt.

Le premier objectif sera la maîtrise réelle des savoirs fondamentaux à l’entrée au collège.

Le deuxième sera une orientation plus précoce et plus sincère.

La classe de troisième et le brevet doivent redevenir un moment décisif permettant de mesurer les acquis et d’identifier le parcours dans lequel l’élève possède les meilleures chances de réussite.

Nous refusons de considérer l’enseignement professionnel ou l’apprentissage comme des voies de relégation.

Pour certains jeunes, la voie générale sera la plus adaptée. Pour d’autres, la technologie, le CAP, le bac professionnel, l’apprentissage ou une formation qualifiante permettront d’obtenir beaucoup plus rapidement une qualification et un véritable accès à l’emploi.

Cette orientation devra être organisée avec les familles, l’Éducation nationale, les Régions, les missions locales et les entreprises.

Dans les Outre-mer, elle devra également être directement reliée aux besoins du développement économique.

Si nous voulons développer l’agro-transformation, les énergies renouvelables, l’économie maritime, le tourisme, le bâtiment, le numérique ou l’industrie, nous devons simultanément former les jeunes aux métiers correspondants.

Nous devons donc construire une continuité entre notre politique éducative et notre politique économique. C’est l’ambition du projet d’université des métiers que nous voulons dans chaque région.

La mobilité doit également faire partie des possibilités proposées aux jeunes lorsque la formation ou l’emploi n’existe pas localement.

Mais aucun jeune ne doit sortir du système éducatif sans une solution clairement identifiée.

Nous voulons mesurer notre action sur trois résultats : la diminution des sorties sans qualification, l’augmentation du nombre de jeunes obtenant un diplôme ou une certification professionnelle et l’accès effectif à l’emploi ou à une formation dans les mois qui suivent la sortie du système.

Dans les territoires actuellement les plus en difficulté, notre objectif sera de porter au minimum à 50 à 60 % la part d’une génération sortant avec un diplôme ou une qualification reconnue, puis de poursuivre cette progression.

L’école n’est évidemment pas l’unique réponse.

Nous renforcerons la prévention des addictions, la santé mentale des jeunes, l’accompagnement des familles, le sport, la culture et la présence des services publics dans les quartiers les plus exposés.

Et lorsque la violence est commise, la réponse de l’État doit être rapide et ferme.

Le projet des Républicains prévoit notamment des structures disciplinaires spécifiques pour les élèves violents ou multirécidivistes afin d’éviter que leur comportement ne déstabilise durablement leur établissement tout en leur offrant un cadre permettant une reprise éducative.

Nous voulons également abaisser la majorité pénale à 15 ans, conformément à l’engagement porté publiquement par Bruno Retailleau, et permettre une réponse privative de liberté rapide pour les mineurs auteurs de faits graves ou ultraviolents, dans un cadre juridiquement sécurisé et adapté à leur âge.

Notre doctrine tient donc en une phrase : nous refusons d’attendre qu’un jeune soit devenu violent pour commencer à nous occuper de lui, mais nous serons fermes pour redresser ce qui ont basculé pour leur donner une chance de revenir dans la société.

QUESTION 9 – ÉVOLUTION INSTITUTIONNELLE ET ASSEMBLÉE UNIQUE EN GUADELOUPE : QUELLES GARANTIES AVANT TOUT RÉFÉRENDUM ?

Notre position repose sur un principe cardinal : aucune évolution institutionnelle ne peut avoir pour effet de diminuer la République, d’affaiblir l’appartenance à la Nation ou de dégrader les droits et les garanties dont bénéficient aujourd’hui les citoyens français d’un territoire.

Une évolution institutionnelle n’est pas, en soi, une évolution vers moins de France. Cette question n’est d’ailleurs pas spécifique aux Outre-mer. La République adapte régulièrement l’organisation de ses collectivités lorsque cela permet d’améliorer l’action publique.

La Métropole de Lyon en constitue un exemple récent particulièrement clair. Depuis le 1er janvier 2015, elle constitue une collectivité territoriale à statut particulier. Elle a remplacé sur son territoire à la fois la communauté urbaine de Lyon et le département du Rhône et exerce notamment les compétences normalement attribuées au département. Personne n’a considéré que cette transformation institutionnelle remettait en cause l’appartenance de Lyon à la République. Elle répondait à une question d’organisation et d’efficacité de l’action publique.

Nous devons aborder le débat guadeloupéen avec la même sérénité.

La Constitution permet à la Guadeloupe de faire évoluer son organisation dans le cadre de son statut. Mais une réforme institutionnelle ne doit jamais être une fin en soi. Des questions de fond doivent précéder au choix institutionnel : qu’allons-nous mieux faire grâce à cette réforme ? Quels dysfonctionnements actuels souhaitons-nous supprimer ? Quelles politiques sont aujourd’hui freinées par la superposition des institutions ? Quelles compétences gagneraient à être réunies ? Quels délais de décision pourraient être réduits ? Quelle organisation permettrait de mieux identifier les responsabilités ?

Nous refusons donc deux démarches.

La première consisterait à présenter une réforme institutionnelle comme une étape idéologique vers une prise de distance avec la France.

La seconde consisterait à engager une consultation sans expliquer précisément ce que la nouvelle organisation changerait.

Avant tout référendum, les Guadeloupéens devront disposer d’un projet institutionnel complet qui devra définir précisément la collectivité proposée, son mode d’élection, ses compétences, celles qui demeureront exercées par l’État, les ressources financières, la fiscalité, les personnels transférés, les relations avec les communes et les conséquences concrètes pour les politiques publiques.

Le débat devra être public et suffisamment long pour permettre aux élus, aux acteurs économiques et sociaux, aux associations et à la population de se prononcer en connaissance de cause. Et aucun changement ne pourra intervenir sans le consentement clair, libre et explicite des Guadeloupéens.

Nos garanties sont également très claires.

Une évolution de l’organisation locale ne remettra en cause ni la citoyenneté française, ni l’appartenance à la République, ni la solidarité nationale, ni l’égalité des droits, ni les protections sociales attachées au droit national. Elle ne constituera pas davantage un prétexte permettant à l’État de se désengager financièrement ou politiquement du territoire.

La France est une nation vivante. Son organisation territoriale peut évoluer lorsqu’elle permet d’améliorer l’efficacité de l’action publique. Notre ligne est donc simple : oui à une évolution institutionnelle si les Guadeloupéens la souhaitent et si elle permet de mieux gouverner ; jamais moins de République, moins de solidarité nationale ou moins de France.

QUESTION 10 – SANTÉ, CONTINUITÉ TERRITORIALE ET ÉGALITÉ RÉPUBLICAINE : JUSQU’OÙ VA LA SOLIDARITÉ NATIONALE ?

La santé constitue l’une des conditions fondamentales du droit de vivre dignement dans son territoire.

Cette question rejoint d’ailleurs directement les réflexions européennes sur le droit de rester : un citoyen ne peut réellement choisir de vivre dans son territoire que s’il peut y accéder à l’éducation, à l’emploi, au logement, à l’eau, à la sécurité et aux soins.

Dans les Outre-mer, la géographie crée une difficulté supplémentaire.

Dans l’Hexagone, lorsqu’une spécialité est absente d’un département, le patient peut souvent se rendre dans le département voisin.

Dans un territoire situé à plusieurs centaines ou plusieurs milliers de kilomètres du territoire français le plus proche, cette complémentarité n’existe naturellement pas. L’égalité républicaine impose donc une organisation différente. Et les écarts peuvent être extrêmement importants.

Au 1er janvier 2025, la France comptait environ 346 médecins pour 100 000 habitants. La densité était de 345 en Guadeloupe, 346 en Martinique, 379 à La Réunion, mais seulement 261 en Guyane et surtout 76 à Mayotte.

Pour les seuls spécialistes, la densité atteignait environ 200 pour 100 000 habitants en France, contre 150 en Guyane et 37 à Mayotte.

Ces chiffres montrent aussi qu’il n’existe pas une seule situation sanitaire ultramarine.

Certains territoires disposent globalement d’un nombre de médecins comparable au niveau national mais rencontrent des difficultés dans certaines spécialités, dans leur répartition géographique ou dans l’hôpital public. D’autres connaissent un déficit beaucoup plus structurel.

Nous devons donc agir sur plusieurs niveaux.

Premièrement, renforcer les hôpitaux.

Les projets de construction, de reconstruction et de modernisation doivent être poursuivis et les équipements lourds dimensionnés en fonction des besoins réels des populations.

Mais construire un bâtiment ne garantit pas qu’il fonctionnera. Il faut simultanément résoudre la question des personnels. Et c’est ici que nous devons reconnaître l’échec partiel d’une politique fondée presque exclusivement sur les primes.

Dans certains territoires, les incitations financières proposées aux médecins sont déjà extrêmement importantes. Pourtant, les postes demeurent vacants.

Cela démontre que l’attractivité médicale n’est pas seulement une question de rémunération.

Un médecin qui envisage de s’installer durablement avec sa famille examine également l’école de ses enfants, la sécurité, le logement, l’eau, les transports, les perspectives professionnelles de son conjoint et la qualité générale des services publics. L’attractivité médicale est donc aussi la conséquence de l’attractivité globale du territoire. Nous devons évidemment maintenir des dispositifs financiers ciblés lorsque ceux-ci sont nécessaires. Mais nous ne prétendrons pas régler un désert médical uniquement en augmentant indéfiniment une prime.

La deuxième réponse consiste à former davantage.

Le numerus clausus a longtemps limité fortement le nombre de médecins formés en France. Même si le système a été réformé, la démographie médicale reste le résultat de décisions prises quinze ou vingt ans auparavant : il faut environ une décennie pour former un médecin spécialiste.

Nous voulons donc augmenter durablement les possibilités d’études de santé offertes aux jeunes ultramarins.

Toutes les universités ultramarines ne pourront probablement pas disposer immédiatement de toutes les années de médecine et de toutes les spécialités.

Mais nous pouvons développer des premiers cycles de santé ultramarins, mutualiser certaines formations entre territoires et organiser des partenariats avec des facultés et CHU de référence.

L’objectif est que davantage de jeunes puissent commencer leur cursus dans leur bassin de vie avant de poursuivre éventuellement une partie de leurs études ailleurs.

Cette politique rejoint directement notre doctrine sur le retour des compétences développée à la question 1.

La troisième réponse est la coopération sanitaire entre les territoires français.

Aucun territoire de quelques centaines de milliers d’habitants ne peut raisonnablement maintenir toutes les spécialités médicales de pointe. Certaines disciplines nécessitent un volume suffisant de patients pour maintenir l’expertise des équipes et assurer l’équilibre du plateau technique.

Il faut donc raisonner à l’échelle des bassins.

Dans l’océan Indien, dans la Caraïbe ou dans le Pacifique, nous voulons bâtir de véritables réseaux sanitaires français régionaux.

Cela signifie répartir les spécialités de manière équilibrée, organiser la mobilité des médecins et des équipes, développer les consultations avancées, renforcer la télémédecine et construire des parcours patients entre territoires.

Nous refusons qu’un seul territoire concentre systématiquement toutes les spécialités tandis que les autres deviennent exclusivement des territoires d’évacuation. Chaque territoire doit pouvoir développer des pôles d’excellence qui contribuent également à son rayonnement régional.

La coopération avec les États voisins doit ensuite être utilisée lorsqu’elle présente un véritable intérêt médical. Dans certaines régions, des établissements privés ou publics étrangers disposent de spécialités et de plateaux techniques de très bon niveau.

Mais cette coopération doit être évaluée selon des critères stricts de qualité, de sécurité, d’accréditation et de coût. La proximité géographique ne peut pas être le seul critère.

Quatrièmement, les évacuations sanitaires doivent rester pleinement garanties.

Notre objectif est évidemment de réduire progressivement leur nombre en développant l’offre locale et régionale. Mais tant qu’une prise en charge nécessaire n’existe pas localement, la République doit garantir l’accès du patient à cette prise en charge, quel qu’en soit le lieu.

Lorsqu’une urgence survient, l’évacuation jusqu’à Paris ou une autre grande ville hexagonale peut ne pas être possible. Nous devons donc rechercher en priorité la solution médicale adaptée la plus proche : territoire lui-même, autre territoire français du bassin, puis établissement régional partenaire lorsque la qualité des soins est garantie. L’Hexagone restera naturellement accessible lorsque la situation médicale l’exige.

Ce point sur la santé nous conduit directement à la continuité territoriale.

Pour 2026, les crédits budgétaires consacrés à la continuité territoriale ultramarine sont d’environ 76,9 millions d’euros.

À titre de comparaison, la dotation de continuité territoriale accordée à la Corse atteint 187 millions d’euros, soit environ trois fois davantage, pour une population pourtant très inférieure à celle de l’ensemble des Outre-mer.

Cette comparaison mérite d’être posée politiquement. La continuité territoriale n’est pas un privilège. Elle compense la distance.

Nous voulons donc sanctuariser puis renforcer les moyens destinés à la continuité territoriale ultramarine et les orienter prioritairement vers les situations où l’éloignement crée une inégalité concrète : santé, études, formation, insertion professionnelle et événements familiaux majeurs.

L’objectif ne peut pas nécessairement être de rendre chaque billet d’avion identique au prix d’un billet de train dans l’Hexagone.

Mais aucun Français ne doit renoncer à se soigner ou à se former parce que sa géographie lui impose plusieurs milliers de kilomètres de déplacement à un prix excessif.

Notre politique sanitaire reposera donc sur quatre piliers : des hôpitaux renforcés ; davantage de professionnels formés dans les Outre-mer ; une attractivité globale permettant de les fidéliser ; et une véritable organisation sanitaire par bassins régionaux.

La continuité territoriale et les évacuations sanitaires constitueront le filet de sécurité garantissant que la distance ne devienne jamais une rupture d’égalité.

CONCLUSION GÉNÉRALE – UNE NOUVELLE DOCTRINE POUR LES OUTRE-MER

Ces réponses reposent sur une même conception. Nous refusons de choisir entre solidarité nationale et responsabilité locale, entre égalité républicaine et différenciation, entre appartenance à la France et développement régional. La solidarité nationale restera entière. Mais elle doit changer de finalité.

Nous devons continuer à compenser les handicaps qui ne peuvent pas disparaître : distance, insularité, petite taille des marchés, risques naturels ou coûts liés à certaines obligations nationales et européennes.

Mais une politique publique ne peut pas avoir pour seul horizon de compenser éternellement les mêmes faiblesses.

Notre ambition est donc de transformer progressivement la politique ultramarine.

Sur l’emploi, cela signifie créer davantage de travail et stabiliser les compétences plutôt qu’instaurer une préférence fondée sur l’origine.

Sur l’économie, cela signifie rattacher pleinement les Outre-mer au projet national Produire plus, développer une fiscalité productive et investir dans des filières capables de conquérir des marchés.

Sur la commande publique, cela signifie que plusieurs milliards d’euros d’achats publics doivent également construire des entreprises locales plus fortes.

Sur l’eau, cela signifie remplacer la succession des plans par une maîtrise d’ouvrage dotée d’une véritable obligation de résultat.

Sur la vie chère, cela signifie maintenir le contrôle administratif mais simultanément produire, transformer et commercer davantage dans les bassins régionaux.

Sur la sécurité, cela signifie traiter le narcotrafic comme une menace nationale et européenne que la République a vocation à éradiquer.

Sur la jeunesse, cela signifie appliquer avec une exigence particulière dans les Outre-mer le projet éducatif des Républicains : fondamentaux, autorité, orientation réelle et qualification.

Sur les institutions, cela signifie accepter l’évolution lorsqu’elle améliore l’action publique, sans jamais accepter qu’elle soit utilisée pour diminuer la République ou la solidarité nationale.

Sur la santé enfin, cela signifie adapter l’offre aux contraintes de la géographie tout en garantissant partout le même droit effectif aux soins.

Les chiffres économiques montrent l’ampleur du défi : en 2024, les activités publiques représentaient autour de 37 à 38 % de la valeur ajoutée dans les DROM, contre 21,2 % dans l’Hexagone, tandis que l’industrie y restait généralement comprise entre 7 et 10 %.

Notre ambition pour 2027-2032 est de commencer à inverser cette structure.

Les Outre-mer resteront des territoires de solidarité nationale à court-termes, mais doivent commencer à devenir beaucoup plus fortement des territoires de production, d’investissement, d’innovation, de souveraineté et de rayonnement.

La France doit cesser de regarder les Outre-mer uniquement depuis Paris.

Elle doit également apprendre à regarder le monde depuis la Caraïbe, depuis l’Amérique du Sud, depuis l’océan Indien et depuis le Pacifique.

C’est à cette condition que leur géographie cessera d’être regardée uniquement comme un handicap et deviendra pleinement ce qu’elle est aussi : un avantage stratégique majeur pour la France.

SOURCES PUBLIQUES – DONNÉES ET RÉFÉRENCES VÉRIFIÉES AU 10/09/2026

INSEE, « Chômage dans les régions », données 2024 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8376844

DGAFP, bilan de la priorité légale d’affectation liée au CIMM : https://www.fonction-publique.gouv.fr/toutes-les-publications/bilan-de-lapplication-de-la-priorite-legale-daffectation-prevue-pour-les-fonctionnaires-qui-justifient-du-centre-de-leurs-interets-materiels-et-moraux

Légifrance, Constitution du 4 octobre 1958, article 73 : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000019241099

Légifrance, CGCT, article L.1111-3-1 relatif à la différenciation territoriale : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045199293

Légifrance, loi n° 2016-1657 du 5 décembre 2016 dite « loi Letchimy » : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000033537424

URSSAF, exonérations LODEOM, mise à jour 2026 : https://www.urssaf.fr/accueil/employeur/beneficier-exonerations/exonerations-zonees/exoneration-lodeom.html

DGFiP, ZFANG : https://www.impots.gouv.fr/professionnel/le-regime-dapplication-de-labattement-zone-franche-dactivite-zfa

BOFiP, zone franche globale temporaire à Mayotte : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/14787-PGP.html/ACTU-2025-00136

BOFiP, réduction d’impôt au titre du FIP Outre-mer, mise à jour du 27 août 2026 : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/5321-PGP.html/identifiant=BOI-IR-RICI-100-20260827

Légifrance, régime de l’octroi de mer et différentiels de taxation : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000044982799

Les Républicains, projet économique « Produire plus » – Fonds France Production : https://republicains.fr/wp-content/uploads/2026/02/LR_Produire_Plus_LIVRET.pdf

Gouvernement des Canaries, Régime économique et fiscal – Zona Especial Canaria : https://www.gobiernodecanarias.org/hacienda/ref/ref_fiscal.html

INSEE, valeur ajoutée par branche en 2024 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012681

INSEE, PIB par habitant régional : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012723

Sénat, rapport sur la commande publique dans les Outre-mer, données 2023 : https://www.senat.fr/rap/l25-063/l25-0633.html

Ministère de l’Économie / DGCCRF, part des PME dans la commande publique en 2023 : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/la-commande-publique-une-veille-pour-favoriser-la-loyaute-de-la-concurrence-entre-les-entreprises

Légifrance, dispositions spécifiques de commande publique pour la reconstruction de Mayotte : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000052093662

Plan eau DOM, rapport d’activité 2024 – perspectives 2025 : https://portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr/pub/MPDOUV00267756-plan-eau-dom-rapport-activite-2024-bilan-perspecti.html

SMGEAG, rapport d’orientations budgétaires 2024 : https://www.smgeag.fr/wp-content/uploads/2024/04/Annexe-DELIB-06-Rapport-dorientation-budgetaire-exercice-2024.pdf

Banque européenne d’investissement, Plan Écoles de Marseille – prêt de 340 M€ à la SPEM et financement total de 425 M€ : https://www.eib.org/fr/press/all/2025-315-eib-invests-massively-in-the-plan-ecoles-de-marseille

INSEE, comparaison des niveaux de prix entre les DOM et l’Hexagone : https://www.insee.fr/fr/statistiques/7648939

Légifrance, Code de commerce, article L.410-5 – Bouclier qualité-prix : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000005634379/LEGISCTA000006133183/

OFDT, « Drogues et conduites addictives en Guyane en 2024 » : https://www.ofdt.fr/publication/2025/drogues-et-conduites-addictives-en-guyane-en-2024-2549

Public Sénat, 31 août 2026, projet Éducation de Bruno Retailleau : https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/presidentielle-2027-bruno-retailleau-veut-refonder-lecole-autour-de-quatre-axes-principaux

Europe 1, 8 septembre 2026, Bruno Retailleau – proposition d’abaisser la majorité pénale à 15 ans : https://www.europe1.fr/politique/objectif-elysee-2027-sil-est-elu-bruno-retailleau-souhaite-instaurer-des-peines-minimales-1064336

INSEE, Métropole de Lyon – collectivité territoriale à statut particulier depuis le 1er janvier 2015 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/5425551

INSEE, densité des médecins par territoire au 1er janvier 2025 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012677

Sénat, PLF 2026 – continuité territoriale Outre-mer et Corse : https://www.senat.fr/rap/l25-139-320/l25-139-3200.html